La stratégie européenne sur le plastique

 

Le 11 juillet dernier, les députés Mme Caroline Janvier et M. Bernard Deflesselles ont publié le rapport d’information sur la stratégie européenne sur les matières plastiques. L’occasion de faire le point sur la gestion des matières plastiques, qui sera au cœur du futur projet de loi antigaspillage pour une économie circulaire.

La pollution due aux matières plastiques est devenue « visible » : près de la moitié du plastique produit se transforme en déchet de moins de trois ans. Or, la production mondiale de matière plastique entre 2000 et 2016 équivaut à celle combinée entre 1690 et 2000. Aujourd’hui, plus de 75% de l’ensemble du plastique déjà produit sont des déchets.

Cette « visibilité » a suscité chez les citoyens une demande d’action forte, marquée par une contradiction évidente : d’un côté, une quasi-unanimité pour agir face aux volumes de plastiques dispersés dans la nature ; de l’autre des modes de vie qui développent la consommation nomade, la multiplication des objets en plastique.

Néanmoins, l’opinion publique est de plus en plus sensible à cet enjeu environnemental. Sous sa pression, une dynamique mondiale s’est enclenchée :

  • Au niveau politique, avec des engagements internationaux, dans le cadre des Nations-Unies ou du G7, et des stratégies nationales, combinant volonté de réduire le volume de plastiques et transition vers les matières plastiques du futur ;
  • Chez les industriels, à tous les niveaux de la chaine, de la pétrochimie à la grande distribution. Ainsi, la compagnie British Petroleum a jugé nécessaire, dans son exercice de prospective 2019, de prendre en compte l’hypothèse d’une interdiction mondiale des plastiques à usage unique, qui conduirait à une diminution de production de 4 millions de barils par jour.

 

 

 

La Stratégie européenne sur les matières plastiques dans une économie circulaire publiée par la Commission européenne le 16 janvier 2018 est un des éléments européens de cette dynamique. Cette stratégie s’inscrit dans un cadre préexistant sur cette question. En effet, les États membres ont, sans attendre cette stratégie, entrepris de s’attaquer à̀ la fois à la pollution générée par les plastiques mais aussi à̀ accompagner les évolutions induites par ces « changements de comportement » individuels ou politiques auxquels tous les secteurs économiques concernés doivent aujourd’hui s’adapter.

Pour la France, la Feuille de Route pour une Économie Circulaire (FREC)présentée par le Gouvernement en avril 2018 s’inscrit à la fois dans un cycle législatif au long cours, mais aussi dans une tradition de responsabilisation des industriels, avec le principe de la responsabilité élargie des producteurs (REP).

 

Si l’état de notre technologie ne nous permet pas encore de nous passer en totalité de plastiques, qui restent par ailleurs des matériaux utiles pour certains usages, notamment médicaux, il est nécessaire de permettre leur recyclage total. Cette mue forcée de ce pan économique s’articule toutefois encore trop autour de la notion de recyclage qui ne représente qu’une solution parmi d’autres.

Comme pour l’ensemble des problématiques de transition écologique et énergétique, la prévention de l’usage des plastiques mais aussi le recyclage de ces différentes matières, permettra en même temps l’adaptation des filières existantes et l’émergence de nouvelles filières européennes industrielles innovantes limitant l’usage du plastique.

 

 

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